Le bâtiment : des efforts à soutenir sur tout le cycle de vie

batiment-CO2
18/06/2020

Qui dit émissions de CO2 dans le secteur du bâtiment pense spontanément au chauffage et à la climatisation, principaux postes consommateurs d’énergie fossile.
Mais l’impact carbone du bâtiment est bien plus massif car il s’accumule à chaque étape du cycle de vie, lors des phases de fabrication des matériaux, de construction, de rénovation, et enfin de destruction.
Les professionnels, conscients des enjeux, ont identifié des actions efficaces pour construire des bâtiments zéro carbone dès cette année (1).

Parce que notre santé dépend d’une utilisation raisonnée des ressources énergétiques, y compris dans nos lieux de vie quotidiens, zoom sur l’industrie du bâtiment et ses leviers d’action pour atteindre le zéro carbone.

 

Construire en réponse au juste besoin

Pourquoi construire un bâtiment de 5 étages quand on a juste besoin de 4 ? L’idée ici consiste à optimiser les surfaces afin de construire au plus juste, les répercutions pour chaque mètre carré non bâti se faisant sentir à chaque étape du cycle de vie (près d’une tonne d’émissions de CO2 évitée par mètre carré). Une démarche d’ores et déjà adoptée par de nombreux exploitants de bâtiments tertiaires soucieux de rentabiliser leurs surfaces : incitation des salariés à investir les espaces communs comme le hall ou le restaurant d’entreprise, politique de télétravail, réduction du nombre de places de parking compensée par une prise en charge avantageuse des abonnements de transports en commun…

 

Revoir les critères de choix du lieu d’implantation

Des considérations autrefois secondaires deviennent stratégiques lorsqu’on souhaite construire un bâtiment éco responsable : le fait par exemple de prendre en compte la distance moyenne entre le bâtiment et les lieux de résidence des salariés, et entre le bâtiment et les infrastructures de service (commerces, restaurants, bâtiments de santé, écoles, etc.), dans un souci de limiter des émissions liées au transport.

Un autre critère qui devrait prendre de l’importance est la disponibilité d’énergies propres dans le périmètre pour alimenter le bâtiment (réseaux de chaleur, électricité d’origine renouvelable), voire la possibilité de produire lui-même de l’énergie éolienne ou photovoltaïque et de s’agréger à un microgrid, un micro-réseau de distribution d’énergie qui repose sur des moyens locaux de production d’électricité et de chaleur.

 

Rénover ou construire ? A étudier au cas par cas

On entend beaucoup parler des “passoires énergétiques”, ces bâtiments anciens, mal isolés, très nombreux dans le parc immobilier public et dans les logements sociaux. En première ligne dans les projets de rénovation thermique, ils ne pourront pas atteindre des résultats aussi performants que ceux des bâtiments neufs en matière d’émissions de CO2. Cependant, en considérant l’ensemble du cycle de vie, en particulier l’utilisation d’un bâti et d’un gros oeuvre existants, leur impact carbone peut se révéler bien moindre que celui de bâtiments neufs, et cela pendant plusieurs dizaines d’années.

 

Reconsidérer la consommation d’énergie

Consommer moins d’énergie grâce à des systèmes moins énergivores (comme des pompes à chaleur hybrides), grâce à des solutions de gestion énergétique du bâtiment (pour une meilleure utilisation du chauffage, de la climatisation, de l’éclairage), grâce à des changements de comportements des occupants, mais aussi aller vers des énergies décarbonées (ou moins carbonées) : tels sont les leviers majeurs pour limiter l’empreinte environnementale des bâtiments neufs. La création de microgrids (ou smartgrids) ouvre également des perspectives prometteuses avec la possibilité d’échanger des informations à l’échelle d’un quartier ou d’une ville, entre consommateurs, producteurs et agrégateurs d’énergie, et ainsi consommer ou stocker dans des batteries les énergies les moins carbonées quand elles sont disponibles.

 


ALTEN s’engage

Energie verte et bâtiments certifiés

Pour toute ouverture de nouveau site, ALTEN choisit des bâtiments certifiés. C’est le cas des 5 bâtiments ouverts en 2018, qui ont obtenu les labels BREEAM (Méthode d’évaluation des performances environnementales des bâtiments), BBC (Bâtiment Basse Consommation) et le label local BDM (Bâtiments durables méditerranéens).
En Suède, le Groupe occupe un bâtiment certifié LEED (Leadership in Energy and Environmental Design), niveau Gold.

Le Groupe a souscrit un contrat d’énergie verte qui couvre 70% des consommations énergétiques des bâtiments en France. D’autres filiales du Groupe, en Inde, en Italie, en Espagne ont adopté cette même politique.

 

Retrouvez l’intégralité de la 7e édition de la revue ALTEN Eurêka,
consacrée à la place de l’ingénierie dans la stratégie zéro carbone.

 

 


(1) En particulier le groupe de travail RBR 2020-2050 du Plan Bâtiment Durable, rattaché au ministère de la Transition écologique et solidaire

 

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